Trousse d’outils de communication virtuelle du pharmacien : Engager des conversations efficaces sur les opioïdes

Les nouvelles données changent la façon dont les opioïdes sont maintenant utilisés.

  • En moyenne, les opioïdes peuvent réduire jusqu’à 30 % la douleur et sont efficaces chez 1 patient sur 10 souffrant de douleur chronique non cancéreuse1,2.
  • Plus la dose d’opioïde augmente, plus les risques d’effets secondaires graves, y compris le surdosage mortel, augmentent.3
  • Les opioïdes et les options sans opioïdes4 peuvent avoir des effets comparables sur la douleur et le fonctionnement5,6. Les opioïdes devraient être instaurés pour la douleur chronique à long terme qu’après un essai adéquat des options sans opioïdes7.
  • N’hésitez pas à utiliser les liens aux ressources et aux infographies avec vos patients pour bien communiquer les risques et les avantages.

Plus vous vous engagez avec vos patients, plus les conversations seront faciles.

Apprenez-en plus au sujet des trois étapes appliquées pour engager des conversations avec vos patients, y compris des stratégies, des comportements et des exemples de dialogue. Cette trousse d’outils offre des liens vers un large éventail d’outils de communication destinés tant aux pharmaciens qu’à leurs patients.

Arrêtez-vous et Écoutez vos patients. Les patients seront plus enclins à engager la conversation lorsque vous leur montrez que vous vous souciez de leur bien-être.

Gagnez la confiance de vos patients en leur montrant que vous vous souciez d’eux :

Communiquez avec vos
patients dans un espace privé.

Stratégie Exemples de dialogue

Inspirez et détendez vos mains. Soyez un modèle de calme8. Faites savoir à votre patient que vous avez du temps à lui consacrer.

« Je sais que nous semblons très occupés ici, mais je prends le temps de vous aider avec cette ordonnance. »

Soyez curieux, écoutez activement et reconnaissez les expériences du patient par rapport à la douleur ou aux opioïdes9.

Stratégie Exemples de dialogue

Utilisez des questions ouvertes et des invitations.

Questions : « Que faites-vous pour votre douleur? Où avez-vous mal? »

Invitations : « Dites-moi ce que vous prenez », « Expliquez-moi vos médicaments » ou « Décrivez ce que vous êtes capable de faire chaque jour. »

Reformulez les faits et les sentiments exprimés, pour vous assurer que le patient sait que vous l’entendez et le comprenez.

Fait : « Donc, vous n’avez pas été en mesure de cuisiner ou de faire vos tâches ménagères. Dites-moi en plus. »

Sentiment : « Vous êtes déçu de ne pouvoir participer aux retrouvailles. »

Une autre approche consiste à « inviter, écouter et résumer 10. »

Reconnaître l’expérience d’une personne relativement aux opioïdes aide à établir un rapport et ne signifie pas que vous encouragez le mésusage des opioïdes.

« Vous souffrez. »

« Beaucoup de gens craignent que leur douleur s’aggrave s’ils réduisent leur dose d’opioïdes. »

Explorez le côté humain de la douleur en posant des questions sous les thèmes suivants : activités, adaptation, réflexion, bouleversement, personnes11. (Basé sur l’acronyme en anglais – ACT-UP : activities, coping, thinking, upset, people.)

Activités : « Comment la douleur affecte-t-elle votre vie (c.-à-d. sommeil, appétit, activités physiques, relations)? »

Adaptation : « Quelle est votre stratégie d’adaptation et de gestion face à la douleur (qu’est-ce qui l’atténue ou l’aggrave)? »

Réflexion : « Croyez-vous que votre douleur finira par s’atténuer? »

Bouleversement : « Vous sentez-vous inquiet (anxieux) ou déprimé (découragé, malheureux)? »

Personnes : « Comment les gens réagissent-ils lorsque vous souffrez? »

ÉVITEZ LA STIGMATISATION ET PARLEZ DES OPIOÏDES. Évitez de faire des suppositions sur la douleur, la situation personnelle ou la volonté de discuter d’un patient. Transmettez des renseignements exacts sur les opioïdes.

Évitez la stigmatisation12,13,14. Prenez conscience de vos attitudes et utilisez un langage approprié15,16.

Ne considérez pas que la personne est toxicomane. Dites plutôt qu’elle est une personne atteinte d’un trouble lié à l’utilisation des opioïdes.

Les troubles de santé mentale constituent un facteur de risque de troubles liés à l’utilisation des opioïdes17.

Ne faites pas de suppositions au sujet de l’état de santé mentale du patient. Soyez respectueux des besoins du patient en matière de santé mentale.

Mettez fin à la stigmatisation en discutant avec le patient des opioïdes. Voici des suggestions pour engager la conversation sur des sujets courants18.

Sujet Exemples de dialogue

Utilisation chronique d’opioïdes

« Nos connaissances sur la douleur ont évoluées. Les [opioïdes] sont moins efficaces pour la douleur chronique que nous le pensions. Puis-je vous transmettre de nouveaux renseignements? »

Hyperalgésie

« Cela peut sembler contraire à la logique, mais il peut arriver que des doses élevées d’opioïdes empirent la douleur. Voulez-vous en connaître davantage? »

Opioïdes en monothérapie

« Beaucoup de gens disent que gérer la douleur leur donne l’impression de tenter de conduire une voiture dont les quatre pneus sont crevés19. Puis-je vous expliquer plus en détail? »

Obtention d’ordonnances multiples

« Nous vérifions les dossiers de pharmacie partagés pour tous les opioïdes. J’ai remarqué que vous avez fait exécuter une ordonnance de [médicament] à une autre pharmacie. Il se passe des choses et je m’inquiète pour vous. »

Surveillance médicale habituelle

« Lors des renouvellements, nous parlons à tous les patients de leurs ordonnances d’opioïdes pour nous assurer qu’ils sont efficaces et qu’ils n’entraînent pas d’effets secondaires incommodants. »

Avantages et risques

« Certains patients, mais pas tous, tirent des bienfaits des opioïdes pour la douleur chronique. Il est possible que les opioïdes ne soient pas la meilleure option pour vous1. »

« Les opioïdes peuvent réduire jusqu’à 30 % la douleur du patient1. »

« Il n’existe pas de dose sécuritaire. Plus la dose est élevée, plus le risque est grand. Regardez cette infographie3. »

Plan de retrait des opioïdes

« Les opioïdes sont plus efficaces à court terme et il existe d’autres options plus avisées pour le traitement à long terme. Nous allons travailler avec vous pour trouver un moment où nous pourrons arrêter lentement les opioïdes. »

« Nous sommes ici pour vous aider avec votre douleur. Parler d’un plan de retrait ne signifie pas que nous allons vous couper l’herbe sous le pied. »

Santé mentale

« Les personnes ayant un problème de santé mentale sont deux fois plus susceptibles d’avoir un problème lié à l’utilisation de substances, y compris les médicaments d’ordonnance. Comment vous sentez-vous par rapport à votre usage des opioïdes?17. »

« Une personne sur cinq atteinte d’une maladie mentale a un problème lié à l’utilisation des substances. Je ne peux prédire les effets qu’auront les opioïdes sur vous.17 »

Traitement par agonistes opioïdes

Certaines personnes qui présentent un trouble lié à l’utilisation des opioïdes ont besoin de médicaments pour gérer les symptômes de l’état de manque et du sevrage. Aimeriez-vous en savoir plus à ce sujet?20,21.

ACCEPTEZ LA RÉSISTANCE et encouragez le patient à collaborer. Axez les objectifs sur les mesures que le patient désire prendre pour améliorer sa qualité de vie, et pas seulement sur la cotation des douleurs.

Sachez comment surmonter les pièges de la conversation. Envisagez d’adapter des idées tirées des ressources suivantes : Addressing conflict section of Opioid Overdose: Communicating with Patients9, site Web du Oregon Pain Guidance22, ou exemples précis tirés de la pratique de la pharmacie en Australie23.

Pièges de la conversation Exemples de dialogue

S’en remet à son médecin

Patient: « Ce n’est pas votre travail. C’est mon médecin qui prend les décisions. »

Pharmacien: « Votre médecin et moi-même sommes tous deux inquiets de votre santé et désirons vous aider à trouver des options pour votre [douleur/utilisation des opioïdes]. »

N’a pas le temps de discuter

Patient : « Je n’ai pas le temps d’en parler. Veuillez simplement me donner mes comprimés. »

Pharmacien : « Je vois que vous êtes pressé. Je n’ai besoin que de quelques minutes pour m’assurer de la sécurité de votre santé. »

Envisagez d’utiliser des techniques d’entrevue motivationnelle9,24 pour amener le patient à réfléchir aux risques et aux avantages du traitement25. Voici les principes de l’entrevue motivationnelle

Stratégie Exemples de dialogue

Acceptez la résistance

Reformulez. Patient : « J’ai besoin de mes [opioïdes] pour passer au travers de ma journée. »

Pharmacien : « Vous croyez que vous n’arriverez pas à réduire votre dose d’opioïdes. »

Changer le centre d’intérêt. Patient : « Je ne veux pas réduire mes opioïdes. »

Pharmacien: « Vous allez trop vite. Pour l’instant, nous ne faisons que discuter des autres options. »

Recadrer la situation. Patient : « Mon médecin ne veut plus me prescrire d’autres [opioïdes]. »

Pharmacien : « Il semble que votre médecin se soucie de vous. »

Faire preuve d’empathie

« L’idée de réduire vos doses d’opioïdes vous rend mal à l’aise. »

Éviter d’argumenter

Éviter les réponses "Oui, mais..."

« C’est à vous que revient la décision d’arrêter et de décider quand vous voulez le faire. »

« Si vous changez d’avis, faites-le-moi savoir. J’aimerais en discuter à nouveau. »

Développer les divergences

« D’un côté, vous n’êtes pas certain de vouloir réduire votre dose, mais de l’autre côté, vous vous inquiétez de votre utilisation des opioïdes. »

Nourrir le sentiment de l’efficacité personnelle

« Vous voulez vous prendre en main. »

« Il semble que vous avez déjà établi plusieurs stratégies pour prendre en charge votre douleur. »

Faites participer le patient à l’établissement des objectifs communs et des plans pour surmonter la résistance. Le patient peut décider du rythme de retrait des opioïdes ou du choix d'autres traitements. Parfois, accepter de discuter à nouveau constitue une première étape positive.

Fournissez au patient les renseignements fondés sur des données probantes qui lui permettront de prendre des décisions. Voici quelques ressources utiles pour vous aider à élaborer un plan de soins avec votre patient.

Le succès repose sur le fait d’engager une conversation continue sur l’utilisation sécuritaire des opioïdes.

Stratégie Exemples de dialogue

Remerciez le patient d’accepter de discuter des opioïdes.

« Je vous remercie de prendre le temps de me parler de votre utilisation d’opioïdes pour votre mal de dos. »

Invitez les patients à prendre leur temps pour décider de modifier leur utilisation des opioïdes. Le changement peut prendre du temps.

« Prenez le temps d’y penser. N’hésitez pas à m’appeler, ou nous pourrons en discuter lors de votre prochain renouvellement. »

Établissez des relations de façon que le patient se sente épaulé et qu’il revienne vous voir pour discuter des opioïdes.

La qualité des relations entre le patient et le clinicien ont des effets positifs importants sur les résultats pour le patient, notamment sur le plan de la douleur.26

Avec la plupart des patients, il est possible de discuter des opioïdes et de maintenir des niveaux de confiance élevés.27

Le succès repose sur le fait d’engager une conversation continue sur l’utilisation sécuritaire des opioïdes.

Infographies

N’hésitez pas à utiliser avec vos patients pour bien communiquer les risques et les avantages.